13.08.2010
Brest : La rade, le port, ce qu'il en reste...
Mes chers amis,
me voici donc de retour après une belle escapade bretonne ! Quelques jours après mon arrivée en pays d'Armor, je suis allée faire un tour à Brest. En me référant à la chanson "Brest", j'y ai pris quelques photos. Evadné, qui vient de temps en temps ici, m'a accompagnée dans ce mini-reportage ! Nous avons beaucoup ri. Le moment le plus drôle fut certainement celui que nous avons passé dans la rue Jean Jaurès, à attendre un grand coup de vent qui nous décoifferait !! Mais non, pas de bourrasques ce jour-là, pas même une goutte de pluie. Nous avons même eu chaud par moments, preuve que le réchauffement climatique affecte aussi la Bretagne !!!
Que dire de Brest ? C'est une ville qui, de prime abord, semble revêche. Une ville qui semble se dérober sous vos pas, impalpable, engluée dans ses grands ensembles modernes. Rares sont les quartiers qui ont été épargnés par les bombes. La première fois que je suis allée à Brest, je n'ai pas cherché plus loin que le bout de la lorgnette, j'ai catalogué cette ville sans scrupules, la classant dans les endroits moches à ne plus revoir. J'ai eu tort. Brest est une ville attendrissante et attachante. Son âme est allée se nicher dans le port. Dans les rues qui vivent, qui bougent. Dans les gens qui vivent aussi, qui bougent aussi. Dans la belle librairie "Dialogues". Dans "la rade, le port, ce qu'il en reste". Dans ce lieu mythique qu'est le Vauban, cabaret, café, restaurant, hôtel, salle de concert, tout cela à la fois. Le Vauban, où furent pris les clichés du dernier album de Miossec. Bref, il faut aller à Brest, y humer les embruns, y écouter les mouettes, y attendre le vent dans la rue Jean Jaurès. Et faire un voeu ... celui de revenir à Brest !
Voici donc les photos promises :
Le pont de Recouvrance (Recouvrance est aussi un quartier de Brest).
La rue de Siam, en bas, à droite.
La signature de Christophe Miossec sur la façade du Vauban.
Le Vauban. On peut voir, sur sa façade, de précieuses signatures : celle de Miossec, donc, mais aussi celles de Mano Solo, de Claude Nougarou, de Graeme Allwright. Moment émouvant et magique...
Toujours le Vauban.
La rue Jean Jaurès. Enfin, seulement la pancarte !!!
Si vous le souhaitez, je peux créer, dans la "marge", un album photo consacré à Brest. Ainsi, vous pourrez voir ces mêmes photos, mais en plus grand. Si personne ne se manifeste, je laisse comme ça, considérant qu'il y a mieux à faire que de se donner du mal pour rien !!!!!!
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21.07.2010
Chanson n°3 : "Le cul par terre"
J'ai perdu ton joli goût ma chère
Cette nuit sous les étoiles
Et je ne sais plus trop quoi faire
Je me sens seul, je me sens sale
Et ça me fout un peu en l'air
D'être bon que pour les râles
Titubant sous les réverbères
Qui me rendent encore plus pâle
Toute la nuit bière sur bière
A la recherche d'un animal
Qui se laisserait faire
Pour qui ce serait égal
D'avoir un homme droit et fier
Ou un qui s'étale
Et qui jure contre la terre
Et la mer et les étoiles
Sans un regret, sans un adieu
Sans un soupir, sans un remords
J'ai perdu le goût de ta chair
Cette nuit après le bal
Et ça me fout le cul par terre
Dans les endroits un peu sales
Qui sentent si bon la bière
La bonne chaleur de l'animal
Qui se demande qui a salé la mer
Qui a sali la terre, ça t'est égal
Sans un regret, sans un adieu
Sans un soupir, sans un remords
Paroles : Christophe MIOSSEC
14:52 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.07.2010
Chanson n°2 : "Regarde un peu la France"
La pensée du jour : "L'Enfer est sur la Terre. D'autres, déjà, l'ont dit. Pourquoi ne se sont-ils pas trompés ?" Louis SCUTENAIRE.
Regarde un peu la France
Je t'en prie fais-moi confiance
Encore cinq secondes, encore une heure
Même si je merde en permanence
ça ira peut-être mieux ailleurs
Car je serai en permanence
Ton angélique enfant de choeur
La coupe aux lèvres de préférence
Le poitrail nu, tire en plein coeur
Regarde-moi sans défiance
Sans coup de sonde, sans froideur
Oh ma belle innocence
Qui avances à coup de cutter
Même si c'est la crise en permanence
Et que nous sommes complètement chômeurs
On trouvera la solution je pense
Allez avance, n'aie pas peur
C'est au fond de tes yeux
C'est au fond de tes yeux
Regarde un peu la France
C'est magnifique non, toute cette torpeur
Tous ces anciens de l'adolescence
Immobiles devant Pasqua l'horreur
C'est au fond de tes yeux
C'est au fond de tes yeux
Que je foutrai le feu
Que je foutrai le feu
Et l'on aura si chaud tous les deux
Qu'on dira merde au bon Dieu
On dira merde au bon Dieu
Et surtout à Jean Paul II
Et surtout à Jean Paul II
Paroles : Christophe MIOSSEC / musique : Guillaume JOUAN
Avec ce texte, c'est une autre facette de l'ami Miossec que l'on découvre ici : l'artiste "engagé", même si je suis sûre qu'il n'aimerait pas ce terme-là... De toute façon, tous les artistes sont engagés, me semble-t-il. A partir du moment où l'on crée, on veut dire quelque chose au monde, on est donc engagé... ne serait-ce que dans la tourmente de l'existence, déjà !
Coups de griffe à Charles Pasqua et à ceux qui, immobiles, acquiescent, coups de griffe à la France entière, au bon Dieu, à Jean Paul II. Dans un autre genre, il y aura aussi, plus tard, "Brûle" : "Tout luit tout brille tout scintille mais rien ne brûle". Ou encore "Pourquoi ? Parce que !" et cette phrase que je ne me lasse pas de me répéter, surtout quand je fais mes courses : "Pourquoi faire les courses au Carrefour me rend l'humanité infréquentable ?"
Miossec n'est donc pas seulement le chanteur des "amours perdues qui ne se retrouvent plus" (dans mon entourage, on ne comprend pas toujours mon engouement pour un artiste qui, selon les dires de certains, ne sait que chanter ses égratignures intimes), il est aussi cet homme qui a les deux pieds dans la réalité et en dénonce le côté boueux. J'aime tout Miossec, il n'y a pas un seul album que je trouve moins bon que les autres. J'aime ses chansons d'amour et ses chansons plus ancrées dans la société. Je sais que beaucoup ne sont pas fans absolus de "Finistériens". Dommage car, comme le dit si bien le site officiel, c'est "tout Miossec pour le prix d'un".
Justement : un petit tour sur le site officiel vient de m'apprendre que Miossec allait repartir sur les routes de France cet automne. Cris de joie dans ma maison !!!! J'espère bien que ses pas le conduiront en Lorraine !
18:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.07.2010
Chanson n°1 : "Non non non non (je ne suis plus saoul)"
La pensée du jour : "Et je ne vous dis pas que l'on ne peut pas vivre sans amour : on peut, et c'est même ce qu'il y a de si dégueulasse". Romain GARY
NON NON NON NON (JE NE SUIS PLUS SAOUL)
Je vous téléphone encore, ivre mort au matin
Car aujourd'hui c'est la Saint Valentin
Et je me remémore notre nuit très bien
Comme un crabe déjà mort
Tu t'ouvrais entre mes mains
Ceci est mon voeu, ceci est ma prière
Je te la fais les deux genoux à terre
Non non non non
Non non non non
Je ne suis plus saoul
Un peu à bout, c'est rien
Moi je crois en toi
C'est tout
Allô oui c'est moi encore, écoute-moi bien
Moi la nuit quand je m'endors
Je t'imagine très bien
Perdue sous d'autres corps
Me réclamant en vain
Bouffée par les remords de la Saint Valentin
Ceci est mon voeu, ceci est ma prière
Je te la fais les deux genoux à terre
Non non non non
Non non non non
Je ne suis plus saoul
Un peu à bout, c'est rien
Moi je veux de toi
C'est tout
Mais je ne raccroche pas encore, écoute-moi bien
Moi je voudrais qu'une fois encore
Tu me prennes pour quelqu'un
Et que tes yeux brillent si fort
Comme moi quand je suis plein
Bouffé par les remords de la Saint Valentin
Paroles : Christophe MIOSSEC / musique : Christophe MIOSSEC
Cette chanson ouvre "Boire", le premier album de Miossec. Le ton est donné d'entrée de jeu : ici, on parle d'amours qui s'en vont se brûler les ailes trop près d'un soleil qu'elles ne pourront jamais atteindre, on parle d'alcool, de mistoufle, de nuits blanches où le remods nous serre la gorge. C'est tout Miossec, quoi ! J'adore cette chanson. Lucie aussi, si mes souvenirs sont bons ! A propos, Lucie, tu ne t'es pas découragée face à mon silence ? Tu viens toujours te balader par ici ? J'espère bien !
Je vous propose de faire ici la même chose que sur mon blog HFT : je vais mettre ici les paroles des chansons de Miossec. Tout cela par ordre chronologique. Vous pouvez réagir, dire quels sentiments ces différentes chansons vous inspirent, etc. A vous !
13:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.06.2010
Aimez-vous Miossec ? Et, si oui, pourquoi ?
La pensée du jour : "Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants". Marcel PAGNOL.
Peu de temps après avoir ouvert mon blog HFT, il y a plus de quatre ans maintenant, je m'étais amusée à essayer de dire pourquoi j'aimais Thiéfaine. Exercice hautement périlleux ! Pourquoi tombe-t-on soudain amoureux de l'univers entier d'un artiste ? Pourquoi continue-t-on, malgré les années qui défilent, à lui vouer la même indéfectible admiration ? Difficile de le dire, n'est-ce pas ?
En ce qui concerne Miossec, l'exercice ne sera pas simple non plus, mais je veux tout de même m'y risquer parce que j'aime bien le vélo sans les mains !
Miossec, je l'ai découvert (je me répète) en 2002. Il participait au même festival que Thiéfaine, dans un petit bled breton sympa. J'avais illico aimé les textes, la musique, le bonhomme aussi.
Après cela, ayant acheté tous les albums, j'ai toujours guetté les dates des concerts de Miossec. Je voulais le revoir sur scène. Beaucoup me disaient, dans mon entourage : "Tu sais, il est souvent ivre mort sur scène, et ses prestations en pâtissent". Je n'ai jamais voulu écouter ces propos-là. Jamais. Je voulais constater par moi-même. Et être indulgente avec Miossec au cas où les rabat-joie auraient eu raison. Après tout, moi, si je devais monter sur scène, timide comme je suis, il me faudrait deux grammes, je pense, pour oublier où je suis !!! Je ne jette donc pas la pierre à Miossec. Et je ne l'ai jamais vu trop chargé non plus. A Nancy, à L'Autre Canal, ok, peut-être un peu plus que les autres fois, mais cela n'a pas nui tant que ça à la qualité de sa prestation scénique.
Voilà. Et j'irai revoir Miossec sur scène parce que cet homme-là, il faut le voir, il faut le vivre, il faut respirer le même air que lui ! Ses mots chargés d'embruns fleurant bon la Bretagne parlent à la partie la plus sensible de mon être, je pense ! J'aime Miossec parce que c'est un homme fragile, qui n'a, de surcroît, pas peur de clamer cette fragilité dans ce monde de brutes gouverné par des gens si imbus d'eux-mêmes qu'ils en deviennent imbuvables.
J'aime Miossec parce qu'il ose montrer au grand jour sa sensibilité. Il doit avoir des "récepteurs intimes" immenses qui captent divinement bien ce qui se passe autour de lui.
J'aime Miossec parce qu'il ose dire haut et fort qu'il "ne tombe jamais sur le bon numéro" ni sur le "bon cheval", petit détail (pas si petit que ça, en fait) en quoi nous nous ressemblons. Christophe Miossec comme un compagnon d'infortune qui dirait mieux que moi ma difficulté d'être lorsqu'il clame la sienne...
J'aime Miossec parce qu'il est le champion du "romantico-trash". On peut faire de la poésie avec des mots qui dégoulinent, qui fâchent ou qui suintent. Dire à une femme qu'on souffre de son absence et le dire avec des mots inattendus ("oh mon amour, je crève de ne pouvoir te baiser").
J'aime Miossec parce qu'il a ce manque d'assurance terrible qui est aussi un de mes traits de caractère. Pas confiance en lui pour deux ronds. On le complimente et tout de suite il se proclame indigne de tant de fleurs. Il rectifie : "Ouais, c'était peut-être bien mais ça va pas durer". On a envie de le serrer très fort, de lui susurrer à l'oreille : "rassure-toi, tout ira bien"... Je vous dis, en ces temps impitoyables où la fragilité est si souvent moquée, un homme comme Miossec, cela vous fait un bien fou... Comme le vélo sans les mains !
Et vous, aimez-vous Miossec ? Et, si oui, pourquoi ?
02.06.2010
Brest
La (longue !) pensée du jour : "Tes vieilles à coiffe
Qui font du vélo sous la pluie
Mais pleut-il vraiment en Bretagne ?
La légende le dit, mais quoi
Le crachin, c'est une rosée
Qui vient de là-haut, qui s'enroule
Autour de nos fronts fatigués
Cela nous fait du bien à l'âme
C'est à peine si la route s'en trouve humectée
Le crachin ne va pas jusqu'à terre
Il est volatil, émulsion, neige d'été
Son bruit est doux, c'est de la ouate
Dieu se fait Breton à ce bruit
Mobile et frais". Georges PERROS
Voici aujourd'hui les paroles d'une chanson que j'aime particulièrement, "Brest". Petite pensée affectueuse pour le Doc, qui revient de Brest, justement. Et autre pensée (affectueuse aussi, cela va de soi !) pour Evadné, avec qui je dois normalement me rendre à Brest cet été !
BREST
Est-ce que désormais tu me détestes
D'avoir pu un jour quitter Brest
La rade, le port, ce qu'il en reste
Le vent dans l'avenue Jean Jaurès
Je sais bien qu'on y était presque
On avait fini notre jeunesse
On aurait pu en dévorer les restes
Même au beau milieu d'une averse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Mais nom de Dieu que la pluie cesse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Même la terre part à la renverse
Le Recouvrance que l'on délaisse
La rue de Siam, ses nuits d'ivresse
Ce n'est pas par manque de politesse
Juste l'usure des nuages et de tes caresses
Ceci n'est pas un manifeste
Pas même un sermon, encore moins une messe
Mais il fallait bien qu'un jour je disparaisse
Doit-on toujours protéger l'espèce ?
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Mais nom de Dieu que la pluie cesse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Mais nom de Dieu que la pluie cesse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Même la terre part à la renverse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Est-ce que toi aussi ça te bouleverse ?
Est-ce que toi aussi ça te bouleverse
Ces quelques cendres que l'on disperse ?
Est-ce qu'aujourd'hui au moins quelqu'un te berce ?
Dans En quarantaine, on apprend comment l'idée d'écrire cette chanson est venue à Christophe Miossec :
"L'idée de la chanson "Brest" est partie d'un compte rendu d'un de mes concerts paru dans Ouest-France et écrit par une journaliste que je connaissais. Elle m'avait cassé en disant que je n'avais pas le droit de reprendre ma chanson "Recouvrance". Du genre : "Il n'y retourne plus beaucoup sur le pont de Recouvrance..." Je passais pour la belle salope ! Je me suis demandé de quel droit elle osait ça. Pour revendiquer la ville, il faudrait y vivre trois cents jours par an ? C'est quoi ce nationalisme à la con ? Si j'ai envie d'écrire une chanson sur la Réunion, même si je n'y suis pas resté longtemps, j'ai le droit ! Sur la Mongolie extérieure, aussi. Le fond de ma pensée c'était : "Je me suis cassé et va te faire foutre !" Et puis je n'allais pas rester pour jouer au coq du village. A Brest, dès que ça marche pour quelqu'un, ceux qui n'ont pas réussi canardent l'autre".
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